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Article écrit par :

Sophie Lubrano

Consultante, BU Télécom

Didier Pouillot

Responsable des marchés africains / Responsable de la practice Régulation et Marchés Télécoms

L’Afrique et le Moyen-Orient représentent près de 70 pays avec une forte diversité en termes de taille, de ressources naturelles, de stabilité politique et de dynamique économique : autant de contextes différents dans lesquels s’inscrit le développement des marchés des TIC.

C’est également un marché fragmenté, avec plus de la moitié des pays comptant moins de 10 millions d’habitants, donc des tailles de marché réduites, ce phénomène étant par ailleurs renforcé par une diversité de langues au sein du même pays le plus souvent. À l’opposé, de grands marchés, avec notamment le Nigeria, l’Éthiopie ou l’Égypte, comptent plus de 80 millions d’habitants (186 millions pour le Nigeria).

De fortes différences entre pays

 

L’Afrique comporte une multiplicité de situations des marchés télécoms ; certains pays victimes des conflits, tels que l’Érythrée, le Sud Soudan, la RDC ou la Centre-Afrique ont des densités mobiles (parc de cartes SIM / population) très faibles, de moins de 50 %. Les pays les plus avancés sont les pays du Golfe avec une maturité parfois supérieure aux pays développés ; en Afrique, les pays situés au Nord et au Sud sont plutôt en avance, alors que l’Afrique centrale est globalement en retard, en raison notamment des nombreux conflits dans cette région.

Les pays à forte croissance

Certains pays vont connaître une croissance particulièrement forte en termes d’abonnés mobiles :
• Le Nigeria présente une pénétration mobile (nombre de cartes SIM par habitant) de seulement 83 % en 2016, sur une population de plus de 186 millions d’habitants. Malgré la chute des prix du pétrole, le parc de cartes SIM devrait croître d’environ 25 millions d’ici 2021.
• La RDC est également très sous-équipée, avec un taux de pénétration mobile de 38 % sur une population de près de 81 millions d’habitants. Le parc de cartes SIM devrait croître de plus de 14 millions d’ici 2021.
• Enfin, l’Éthiopie a seulement 48 % de pénétration mobile, sur une population de plus de 102 millions d’habitants, mais dans un contexte de grande pauvreté (PIB par habitant de 590 EUR en 2016). Le parc de cartes SIM devrait croître de plus de 32 millions d’ici 2021. À eux trois, ces pays représentent un tiers de la croissance du parc SIM de l’Afrique à moyen terme.

Les tendances par grandes zones

Même si chaque zone recouvre souvent des pays à différents stades de développement des TIC, il est possible de dresser des grandes tendances par zone.

Le Moyen-Orient tiré par les pays du Golfe

Le Moyen-Orient est globalement plus développé grâce au leadership des pays du Golfe, avec des équipements/usages similaires à ceux des pays développés et des ARPU élevés. Cette zone représente, avec 48 milliards EUR en 2016, près de la moitié du marché des télécommunications de la région Afrique/Moyen-Orient, avec l’Arabie saoudite, l’Iran et les Émirats arabes unis comme poids lourds de la région, pour “seulement” un quart du parc mobile. Cette dichotomie entre valeur et volume est déjà présente toutefois sur un plan plus macroéconomique : la zone, qui abrite 20 % de la population de la région, compte pour 45 % du PIB. Cependant, compte tenu de la maturité avancée des marchés, la croissance sera de moins de 1,4 % par an jusqu’en 2021.

Une croissance soutenue pour l’Afrique du Nord

L’Afrique du Nord a connu un fort développement des TIC, avec notamment des pays comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, qui ont mis en place des politiques institutionnelles en faveur des TIC. Sur la zone du Maghreb, la croissance restera soutenue, à hauteur de 2,2 % par an en moyenne jusqu’en 2021.

L’Afrique subsaharienne comme réservoir de croissance

L’Afrique subsaharienne est la zone la moins équipée, qui représente donc un très fort potentiel de croissance : en effet, la densité mobile n’y est que de moins de 80 %, et la zone compte près d’un milliard d’habitants, soit près des trois quarts des habitants de l’ensemble de la région Afrique/Moyen- Orient. D’ici cinq ans, le parc mobile devrait croître de plus de 200 millions de cartes SIM supplémentaires. Selon nos prévisions, la croissance sera de 4.2 % en moyenne jusqu’en 2021. L’Afrique subsaharienne est dominée par l’Afrique du Sud, qui compte pour 20 % des revenus télécoms de la région et est très avancée en matière de TIC, mais connaît un ralentissement mécanique de croissance compte tenu de la maturité du marché. Citons également le Kenya, très avancé en matière de TIC.

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