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Article écrit par :

Tiana Ramahandry

Consultante, BU IDATE Labs

Le marché du smart home, encore naissant, est considéré comme l’un des plus prometteurs du secteur de l’internet des objets avec un nombre d’objets connectés passant de 200 à 900 millions entre 2015 et 2025

Le concept de smart home peut être considéré comme la version connectée de la domotique, cette dernière ayant rencontré un faible succès commercial

Il couvre tous les équipements d’une maison qui pourraient potentiellement être connectés. Il comprend ainsi de nombreuses applications, de l’électronique grand public à l’électroménager, en passant par les ampoules et les détecteurs de présence. Le marché actuel est essentiellement axé sur la vente d’équipements pourvus d’un module de connectivité qui peuvent être contrôlés à distance, via une application mobile. Mais il compte désormais les hubs, des systèmes centraux qui permettent aux différents équipements de communiquer entre eux.

Les principaux produits sont liés à la gestion de l’énergie et à la sécurité des personnes, les consommateurs étant plus disposés à investir dans des solutions leur permettant de réaliser des économies sur leur facture d’électricité et/ou de leur apporter la tranquillité d’esprit au sein du foyer.

Le marché attire un large écosystème où chacun va tenter de s’imposer

L’écosystème du smart home est vaste et se caractérise par la présence d’une multitude d’acteurs provenant d’industries différentes. On retrouve les acteurs traditionnels de la maison : les fabricants d’électronique grand public, d’électroménager, ainsi que les acteurs de l’énergie, de l’éclairage et de la sécurité. Samsung est un acteur particulièrement actif, surtout depuis l’acquisition de la start-up Smart Things en 2004. Le constructeur sud-coréen fournit une offre globale de domotique, incluant un hub qui permet de connecter ses propres équipements tout comme ceux de ses partenaires. Philips est également un acteur présent sur le marché du smart home à travers sa gamme d’ampoules connectées Hue.

De nouveaux noms sont apparus sur le marché, à l’instar des pure players, spécialistes d’équipements connectés pour la maison ; ils proposent essentiellement des thermostats, des ampoules et des caméras de surveillance connectés. Les opérateurs télécoms ont également lancé des initiatives dans le domaine, en profitant du modem disponible dans le foyer. Les géants de l’internet sont aussi présents : Google a investi dans ce secteur en rachetant Nest, start-up spécialisée dans les thermostats intelligents, et Apple s’est positionné avec HomeKit, sa plateforme de développement dédiée à la domotique. Il existe actuellement une multitude de protocoles de communication utilisés, résultant de la variété des acteurs de l’écosystème. Une bataille autour de la standardisation met en concurrence de nombreuses initiatives soutenues par des grands noms de l’industrie.

L’adoption du smart home soulève de nombreuses interrogations

Le marché, encore naissant, est considéré comme l’un des plus prometteurs du secteur de l’internet des objets. L’IDATE estime que le nombre d’objets connectés associés au smart home pourrait passer de 200 à 900 millions entre 2015 et 2025. Aujourd’hui, l’essentiel du marché provient de la vente d’équipements, dont le prix est encore souvent trop élevé par rapport à celui de produits non connectés (avec des caractéristiques primaires similaires). Pour un réel développement du marché, il reste plusieurs points à résoudre : le prix des appareils connectés, les questions relatives à la vie privée liées à l’accès à des données personnelles, un modèle économique à clarifier (monétisation de la donnée comprise) et la fragmentation des technologies.