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Article écrit par :

Jacques Bajon

Responsable de la Practice TV & Digital Content

L’IP devient de plus en plus incontournable, présent de façon croissante en amont de la distribution, compatible de facto avec le développement de la consommation en streaming, et reconnu nativement par les terminaux personnels et connectés. À cela viennent s’ajouter deux facteurs complémentaires très structurants pour la configuration du marché de la distribution, l’explosion de la consommation sur terminaux mobiles et la place grandissante des réseaux sociaux dans la consommation vidéo.

Une nécessité, optimiser la distribution vidéo Internet

Face à la croissance exponentielle du trafic, la distribution Internet devient plus modulaire, avec le recours à de multiples CDN en parallèle et le développement de briques de solutions pour les acteurs leaders (serveurs et peering pour les groupes médias, telco CDN). À ce stade de développement du marché, seuls les acteurs générant de très gros volumes (géants de l’Internet, Netflix) peuvent bénéficier d’un réel gain économique en développant leur propre CDN. Par ailleurs, les solutions P2P permettant d’alléger la contrainte restent encore marginalement utilisées. Le Wi-Fi permet de proposer enfin un offloading de trafic mobile par complémentarité de réseaux.

L’hybridation croissante des configurations de distribution s’applique aux réseaux fixes, mobiles et broadcast.

Dans un premier temps, les solutions de TV hybride broadcast-broadband TV ont été développées dans l’idée d’ajouter un complément d’interactivité et des services de vidéo à la demande au monde broadcast. Elles restent d’actualité et leur relative facilité de mise en place continue d’assurer leur succès. Plus récemment, des premières solutions combinant de l’accès radio fixe LTE avec des accès haut débit ou broadcast sont également apparues.

Si l’IP devient le langage commun de la distribution vidéo, engendrant un recours accru aux solutions de streaming, les progrès restant à accomplir concernent les réseaux broadcast. En effet, la migration IP du câble est un processus engagé, mais ce changement est plus lointain pour les réseaux TV hertziens. L’effet de parc des terminaux TV installés est ici un frein important.

Les opérateurs télécoms et les câblo-opérateurs devront à terme choisir entre plusieurs positionnements de services, impactant en retour leur modèle économique de distribution.

Ces choix vont d’un réseau de transport passif assurant la connectivité pour les services, un positionnement en tant qu’agrégateur ou intégrer plus verticalement l’offre vidéo pour en faire un différentiateur sur le marché. Ces options impliquent des modèles de distribution et des relations contractuelles ou partenariales différents avec les groupes médias. L’accent mis sur la distribution mobile sera un autre élément structurant, ainsi que plus généralement la place donnée aux offres OTT (de l’opérateur ou tiers, on- et offnet).

Devant aller chercher les clients « là où ils sont », les groupes médias sont devenus plus agnostiques en termes de réseau de distribution.

Le renforcement de leurs offres OTT (comprenant live et à la demande) a particulièrement influencé cette inflexion. Dans l’équation se sont imposées les grandes plateformes Internet (indépendantes, réseaux sociaux) qui ouvrent des opportunités de distribution mais peuvent aussi constituer des menaces. L’auto-distribution sur Internet est un choix plus drastique qui implique une évolution des modèles d’offre et des coûts de distribution « proportionnels » au succès des offres.

C’est ainsi un modèle de distribution plus dynamique et plus agnostique (fixe/mobile/OTT/managé) qui s’annonce.

Il implique une porosité croissante entre les réseaux, facilité par des architectures plus « IP native », en lien avec la nécessité d’adresser et de monétiser les cibles clients dans leurs usages. L’optimisation des coûts de distribution ne sera alors qu’un des facteurs pris en compte.

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